YVETTE KLINE
My Beautiful Self support vidéo, 2004

Yvette Kline ou Klean, née à Lille le 20 septembre 1975, petite fille spirituelle et génétiquement modifiée d' Yves Klein. Malgré une carrière artistique fulgurante, elle est considérée comme l'une des plus importantes protagonistes de l'arrière-garde artistique de la fin du XXe siècle et des début du XIXe. Peintre , performeuse indéterminée, sculptrice et dessinatrice. Conceptuelle. Groupe des Nouvelles Réalistes Déviantes, Néo-Ringarde.
Dès la fin des années 1950 Michelle-Ann Dix optera pour le pseudonyme d'Yvette Kline afin d'éviter tout amalgame plastique avec l'œuvre de son grand-père Otto Dix dont elle n'assumera jamais la filiation. Ce rejet, nourri par l'intérêt croissant de l'artiste pour les œuvres abstraites d'Alphonse Allais, la conduira vers un nouveau réalisme débarrassé de tout complexe anti- consumériste, notamment à travers la technique dite anthropométrique dont le seul outil d'impression sera son propre corps enduit de peinture rose brevetée «IKAMADP» (International Kline Alias Michelle-Ann Dix Pink) qu'elle appliqua sur de nombreuses œuvres (toiles cirées, napperons crochetés, statues grecques d'origine belge...)
Chez Yvette Kline, le corps joue
dans la peinture le rôle de « stabilisateur » de la matière picturale. Une première séance anthropométrique publique, anecdotique, s’organise chez Barnabé Monstre le 5 juin 1999. Celle-ci reste dans la continuité de ses monochromes, mais  elle se saisit ici à la fois du rôle d'artiste, de modèle et de « pinceau vivant », rampe sur le papier à même le sol et comble les endroits où la peinture n’est pas encore appliquée. Ses moindres gestes ont été répétés au préalable.
Kline révèle cette performance comme une « collaboration » avec elle même en toute schizophrénie assumée. Cette obsession schizophrène reviendra perpétuellement dans son discours. Elle déclare : « Je ne me suis jamais touchée, d’ailleurs c’est pour cela que mes différentes parties sont en confiance et qu’elles ont aimé collaborer, et qu'elles aiment encore collaborer ainsi " . Elle dit à l'époque voir « apparaître à chaque séances les  marques du corps » vouées à disparaître dans un souci monochrome ». Notons que dans le réseau Rock'n'Roll dont Yvette est une activiste, les marques du corps en sueurs des musiciens sur les scènes poussiéreuses ont été déterminantes dans sa démarche.
Seulement les monochromes créés avec son propre " pinceau vivant " laissaient imperceptible la présence de la chair. Le pink happening « My Beautiful Self » révèlera enfin cette chair dans une expérience inédite. Présenté pour la première fois en 2004 à la maison folie Wazemmes devant un parterre de spectateurs gratinés ( artistes locaux, critiques, galeristes et collectionneurs, médusés par cette nouvelle réalité déviante), il s'ancrera enfin dans une démarche préalablement moderne qui d'une part magnifie l'existence atypique de l'artiste et d'autre part la repositionne dans une effective banalité à travers l'usage de son propre corps. On soulignera au passage que cette intention conceptuelle est commune à Yvette Kline et Yves Klein, dont l'œuvre, hélas plus méconnue, présente quelques similitudes factuelles non négligeables avec l'œuvre de Kline. Mais tandis que Kline produira son art dans un engagement total de sa propre enveloppe corporelle, le fait que Klein utilise des modèles pour ses performances rendent sa démarche artistique pour le moins douteuse.C’est lors de cette séance que Renato Farrugini trouvera le terme « d’anthropométries de l’époque rose ». Chaque performance commencera dès lors par le même rituel: avant se révéler et s'enduire, Kline, en habit de soirée, donnera un signal aux musiciens de l'ensemble de pop musique "ashtones" afin qu'ils entament la symphonie monoton-silence, composée par elle même en 2001, et qui sera reprise par Hubert Delferme  sous le nom de symphonie monoton-silence n°6, offerte à Kline en cadeau pour son mariage: une seule et même note continue d'un larsen de vingt minutes suivies de vingt minutes de silence. Hubert Delferme composera plus tard pour Yvette Kline « les noces chymiques », thème Cruciverbien.
Yvette Kline réalisera de nombreuses anthropopotries dont la plus emblématique reste « My Beautiful Self, Anthropopotrie de l'époque Rose » (ANT 82), 2004. Souvent controversée, toujours incomprise, l'œuvre d'Yvette Kline reste néanmoins incontournable dans le néo-ringardisme délibéré des années 2000.